Les enfants de Kovalam

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La Sebastian Indian Social Project (SISP), une organisation non-gouvernementale belge, s’est donné la mission de réintégrer les enfants démunis et déscolarisés sur la côte touristique de Kovalam (Kerala). Cette initiative a ouvert de  nombreux débouchés aux habitants locaux. 

cours aux SISP

Située à Kovalam, lieu touristique mondialement connu pour sa plage, ses cocotiers et ses brises fraîches, SISP n’accueille pourtant pas les touristes, mais bien les habitants défavorisés des environs. Petits métiers d’appoints, vies sous les tôles et orphelins obligés de quitter l’école pour travailler et se nourrir sont légion dans cette région adulée des touristes. C’est ce qui a frappé dans les années 90 Paul Van Gelder et Werner Fynaerts, tous deux originaires de Belgique.
En 1996 ils fondent  la Sebastian Indian Social Project (SISP) afin d’aider à la réintégration des enfants pauvres déscolarisés. Les enfants reçoivent des cours de rattrapage, une petite allocation mensuelle ainsi que des repas. Après leur réadmission à l’école, SISP se charge de leurs frais (vie courante, déplacement) et même des frais d’études universitaires pour certains.

C’est ainsi qu’à quelques kilomètres, un étudiant de l’Alliance Française de Trivandrum de niveau B1, Abdul Razak, évoque avec chaleur les services de SISP:  “A 18 ans j’ai entendu parler de cette ONG créée par un étranger qui dirige une école gratuite pour les démunis. Je travaillais pour un allemand qui m’a encouragé à apprendre l’anglais là-bas. Grâce aux interventions régulières des étudiants belges qui nous enseignaient nos matières scolaires, notamment avec des jeux intéressants, j’ai appris à utiliser un ordinateur et à bien parler en anglais. J’ai beaucoup avancé dans la vie et c’est grâce à la base que j’ai acquise à SISP ». Aujourd’hui Abdul Razak est guide et interprète en langue allemande dans la région.

SISP ne néglige pas non plus la communauté locale des femmes, parmi les plus démunies. Elles sont formées à la fabrication de bijoux et de sacs en papier journal, très appréciés en Belgique, en Italie et aux Pays-Bas.

Sacs en papier faits main

Ces actions n’auraient pas été possibles sans l’implication  des organisations suivantes : Enfance Tiers Monde (Belgique), Lelia (Italie) et Oosterport (Pays-Bas) qui permettent de collecter des fonds et de contribuer ainsi à améliorer les conditions de vie des gens défavorisés sous forme d’argent, de nourriture ou de médicaments.
Pour les projets à venir, Paul Van Gelder envisage le soin aux personnes âgées vivant dans des conditions pitoyables, mais la priorité sera d’abord donnée à la fabrication de serviettes hygiéniques de bonne qualité et à un tarif abordable pour les femmes du village, projet qui verra le jour très prochainement.

Paul Van Geldert, fondateur et directeur de SISP

Paul Van Gelder, l’homme à l’origine du SISP partage quelques étapes qu’il a vecu.

Quels ont été les défis rencontrés pendant cette mission ? Il y a eu des périodes difficiles sur le plan financier. Mais grâce au soutien de nos sponsors, on a pu continuer. Et puis il y a eu des difficultés imposées par la culture. En tant qu’étranger, s’adapter à un système dans lequel règne la désorganisation, le manque de ponctualité, la division du travail selon les castes, a été un réel défi. En outre, la tendance à ne jamais dire non à un service demandé malgré l’incapacité de le faire, a été à la source de quelques dysfonctionnements. Mais finalement, nous sommes parvenus à une conciliation des deux modes de travail et de deux systèmes culturels.

Pouvez-vous faire une comparaison entre La Belgique et le Kerala en ce qui concerne la cause sociale?
La Belgique connaît une longue histoire de service volontaire. Les jeunes s’engagent très tôt dans des causes humanitaires, tandis qu’au Kerala cette prise de conscience n’est apparue que très récemment.

Le tourisme a-t-il un impact sur votre travail ?
Kovalam étant un lieu touristique, c’est un peu plus facile de recevoir des fonds. Mais en même temps, il y a des touristes qui par pitié, emmènent les enfants en excursion les empêchant ainsi d’aller à l’école. Et puis, il y a toujours les violences sexuelles contre les enfants.

Quels ont été les moments où vous avez ressenti une immense joie ?
Il y en a eu beaucoup. Une fois, une dame âgée, qui a assisté à notre programme d’alphabétisation, est venue me voir avec des larmes dans les yeux. Avant, elle avait toujours besoin d’aide pour prendre le bus car elle ne pouvait pas lire, tandis qu’à présent, elle peut se déplacer librement et en pleine confiance. Quand je vois les femmes de ce quartier qui, après dix ans, sont plus libérées et bien plus indépendantes, ça me fait très plaisir.

 Le site de l’association: Sebastian Indian Social Project 
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Rédaction

Directeur de publication : Délégation Générale de la Fondation Alliance Française en Inde et au Népal

Rédacteur en chef : Laurent Elisio Bordier

Rédacteur/Coordinateur national : Siddharth Bhatt

Rédacteurs, contributeurs : Guillaume, Abhirami, Alexandre, Chintan, Cléa, David, Eleonore, Elie, Kanika, Karine, Nita, Thomas, Malvika, Marie-Joëlle, Meera, Mayuri, Mitushi, Alice, Prutha, Romain, Ritika, Manas, Supriya ...