Parvenir à l’Arangetram

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“Nous vivons tous dans un théâtre vivant et bien cette danse que je pratique, elle aussi est un théâtre vivant ».

Jessiminda Veeratherapillay

Sur la scène du Bal Shikshar Mandir Auditorium, à Pune, Jessminda fait son entrée, coiffée d’une très longue natte, le visage délicatement maquillé, un bindi sur le front, bracelets aux poignets et clochettes aux pieds, flamboyante dans son sari plissé de soie rose. Une française métamorphosée en danseuse indienne ! Au cours de sa longue représentation, elle incarnera successivement différents tableaux de la mythologie hindoue : l’épouse aimante et dévouée, l’héroïne trompée par son Dieu, la femme mariée attirée par un autre homme…

L’Arangetram (qui signifie en tamoul « parvenir à la scène »), est un moment important dans la carrière d’une danseuse de Bharatanatyam, cette danse ancestrale tamoule ; après plusieurs années de pratique intensive, cette cérémonie atteste non seulement que la jeune femme a atteint une certaine maîtrise technique mais marque également un niveau d’accomplissement théorique.

Jessiminda Veeratherapillay

Au cours de la représentation, chaque mouvement des pieds, des mains, chaque expression du visage de la danseuse est minutieusement contrôlé : on retient son souffle dans le public. Jessiminda a la chance d’être accompagnée par de vrais musiciens : un violon, une chanteuse, une flûte de bambou et une percussion : le mridangam. Dans cet art millénaire, danse et musique sont complices : la danse vient en quelques sortes donner une forme physique à la musique, et peu à peu un jeu s’établit entre les pas de la danseuse, le rythme du mridangam et les modulations vocales de la chanteuse.

Pour perfectionner son art Jessminda Veeratherapillay, française d’origine tamoule, est arrivée en Inde, à Tanjore il y a sept ans, où elle a aussi étudié la musique carnatique. Elle continue ensuite son apprentissage du Bharatanatyam en France, puis est finalement introduite auprès de Guruma Dr Sucheta Chapekar, professeur de renom à l’école de danse traditionnelle de Pune.

Après sa performance elle prend la parole et raconte la fascination exercée par cette danse, riche en symboles et rituels, pour elle qui a grandi en Occident, ce continent en manque de religiosité. Sa « guru » Armelle Choquard, qui a fait le déplacement depuis la France est elle aussi très émue. Elle raconte la volonté et la persévérance nécessaires pour pratiquer le Bhratanatyam en Europe : « nous ne baignons pas dans la culture indienne, et les sources d’inspiration traditionnelles qui accompagnent normalement la danseuse dans sa formation : yoga, musique, littérature… ne sont pas toujours disponibles chez nous ». Finalement conclut-elle « il nous faut toujours revenir en Inde !».

Encore et encore, revenir dans ce théâtre vivant qu’est l’Inde, éternelle source de fascination et d’inspiration!

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Rédaction

Directeur de publication : Délégation Générale de la Fondation Alliance Française en Inde et au Népal

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