Pierre Thilloy raconte

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Festival of France

Article paru sur le site de l’Orchestre Lyrique de Région Avignon Provence Témoignage du compositeur Pierre Thilloy qui nous raconte l’histoire de sa création, Le songe d’Ananta qui sera créée pour la première fois internationalement  en février et mars 2013 pour le festival Bonjour India.  Fondé sur les principes fondamentaux qui régissent la musique indienne, notamment la forme du raga, le concerto, composé et dirigé par Pierre Thilloy, sera interprété par Ustad Amjad Ali Khan, l’orchestre symphonique d’Avignon et le groupe de musique électronique KORD. Témoignage de Pierre Thilloy. 

“À l’invitation de son Excellence Monsieur l’Ambassadeur de France en Inde et du service culturel de l’Ambassade de France (Institut Français en Inde) , je me suis rendu en Inde du 16 au 29 novembre 2011 pour des séances de travail avec Ustad Amjad Ali Khan, rencontré par les soins du service culturel de l’Ambassade de France en Inde en décembre 2010.
Les très nombreuses rencontres que j’ai pu faire dans les trois villes de New Delhi, Chennai &  Mumbai lors de mon premier séjour sont les témoins d’une forte volonté de réaliser des projets musicaux «ensemble» mais aussi de la très grande estime que le milieu musical indien porte à l’action de la France en Inde par le biais de son ambassade. Venir au nom du service culturel de l’Ambassade de France aura joué un rôle évident dans l’accueil et l’intérêt dont je fus le témoin et l’objet lors de mes rendez-vous et par conséquent, au caractère extraordinaire du choix accepté du partenaire musical en Inde de mon projet, à savoir Ustad Amjad Ali Khan.
C’est donc avec ce dernier que le travail d’écriture s’est engagé. Comme cela avait été envisagé lors de mon premier séjour, nous abordons la proposition d’Ustad Amjad Ali Khan de travailler à un concerto pour lui, à savoir sarod et orchestre symphonique qu’il créera lors de BONJOUR INDIA 2013 avec un orchestre français invité pour l’occasion.

Pierre Thilloy - Photo credit Raphael Creton

C’est donc les 17 et 18 novembre 2011 qu’Ustad Aljad Ali Khan m’a consacré deux après midi complètes afin d’établir deux séances de travail conséquentes, aussi bien en ce qui concerne la masse de travail réalisé que la qualité. La première séance du 17 novembre 2011 fût axée sur l’aspect théorique des principes que j’allais utiliser pour la composition de ce concerto.
Nous avons envisagé toutes les possibilités d’après certains ragas d’Ustad Amjad Ali Khan. Pour chacun de ces ragas, j’eu droit à une démonstration vocale avec explication du Maestro.
Le lendemain, le maestro m’invita pour une seconde séance de travail à laquelle il avait convié trois de ses disciples pour mettre en relief et avec les instruments son propos et ses chants de la veille. Là encore, l’expérience fût extraordinaire et digne à elle seule d’un documentaire qui aurait ravi des milliers de mélomanes.

En conclusion, le concerto serait de proportion assez courte pour la culture indienne mais vaste pour la culture occidentale, à savoir une oeuvre de près d’une heure utilisant les principes fondamentaux de la musique indienne et de ses origines. Il est nécessaire, pour comprendre la musique indienne, d’avoir en tête que pour un Indien, la musique a une origine divine car selon la mythologie indienne, c’est par la musique que Brahma a créé l’univers. Le musicien doit donc se trouver en état de complet abandon quand il joue d’un instrument en vue de se trouver en fusion avec le principe fondamental de l’Univers, qui est le son musical. C’est une musique qui, quand elle séduit, touche physiquement.

De même, l’oeuvre utilisera les principes fondamentaux de l’exécution d’un raga (qui traditionnellement peut durer plusieurs dizaines de minutes voire plusieurs heures dans des cas exceptionnels, la durée courante étant comprise entre 30 et 40 minutes) et dont on peut on peut distinguer plusieurs étapes principales :
– L’Alap : Dans cette première partie on assiste à l’élaboration lente du raga dont les caractéristiques modales sont exposées et développées. Elle s’exécute sans percussions. Durant cette partie, le musicien “éveille” la tonique, l’alap est une introduction lente et cruciale sur laquelle se reposera tout le reste.
– Jod : Ici est introduite une pulsation rythmique de base. Le rythme s’accélère progressivement. Les ornementations se font de plus en plus savantes.
– Jhala : C’est le mouvement final de l’élaboration du raga. Les mouvements rythmiques sont très rapides, aboutissant au climax final et à sa dissolution, en général brutale.”

Pierre Thilloy

Discipline : Musique/concerto pour Sarod et orchestre symphonique et électronique
Villes : Delhi, Ahmedabad, Hyderabad, et Bombay
Dates : du 26 février au 5 mars

Calendrier
Mardi 26 février
New Delhi – Siri Fort Auditorium
Vendredi 1er mars
Hyderabad – Shilpa Kala Vedika
Dimanche 3 mars
Ahmedabad – Gujarat University
Mardi 5 mars
Mumbai – Sri Shanmukhananda Chandrasekarendra Saraswathi Auditorium
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Rédaction

Directeur de publication : Délégation Générale de la Fondation Alliance Française en Inde et au Népal

Rédacteur en chef : Laurent Elisio Bordier

Rédacteur/Coordinateur national : Siddharth Bhatt

Rédacteurs, contributeurs : Guillaume, Abhirami, Alexandre, Chintan, Cléa, David, Eleonore, Elie, Kanika, Karine, Nita, Thomas, Malvika, Marie-Joëlle, Meera, Mayuri, Mitushi, Alice, Prutha, Romain, Ritika, Manas, Supriya ...