Francofolies à Delhi

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Comme chaque année, l’Alliance Française de Delhi clôt la semaine de la Francophonie avec sa fameuse Mela du samedi, réunion de tous les pays francophones. Au programme : des mets de tous les horizons, des cadeaux à  profusion, des concours de chant, des quizz, des pièces de théâtre, des danses congolaises et mauriciennes  de la danse du ventre, du break dance, et surtout, surtout, deux concerts d’exception : Then and now, suivit du magistral Lo Griyo. Résumé en couleur.

 9h : les stands sont en place. La scène est montée. Les ambassades débarquent : les belges apportent la pâte à gaufres, les marocains le thé à la menthe, les canadiens et les suisses des sacs entiers de cadeaux… et les congolais quasiment tout ce que la terre peut porter pour faire la fête. Déjà ils sont à peu prêts le double des autres délégations, et ils viennent chargés de tam tam, de beignets, de costumes de danse, de statuettes à exposer,  de bonne humeur par pack de douze ! Merci « Maman » ! Mais dès 11h, les visiteurs commencent à arriver. Les premiers sont les étudiants des écoles, venus voir Les Choristes, et participer à un quizz sur la France. Ceux-ci sont étonnement bien plus cultivés sur l’Hexagone que les français eux-mêmes : connaissiez-vous en effet la taille exacte de la Tour Eiffel  et l’année de création du Tour de France ?

Il est bientôt midi, on ouvre donc la très attendue compétition  des étudiants « AFD got Talent » par un show impressionant de danse du ventre ; on enchaîne par « Je m’appelle Hélène » chanté (et joué en live au violon !) par le groupe suivant, on passe deux minutes plus tard à du break danse surexcité. Pas le temps de souffler que l’on enchaîne avec une pièce de théâtre en français : bref tous les arts ont été mis à contribution ici, et ce n’est pas fini ! Les danseurs congolais ont pris le relais, puis les danseurs mauriciens,  puis une autre pièce de théâtre par l’Université JNU, puis un rappeur congolais… Pas de temps mort, les stands proposaient tellement d’activités, entre les quizz et les dégustations qu’il fallait vraiment le vouloir pour s’ennuyer…

Et bientôt, sur les coups des 19h, tout le monde est convié à entrer dans l’auditorium. C’est l’heure de Then and Now un groupe de rock indien, des jeunes de l’Alliance Française qui l’année dernière ont gagné le concours organisé lors de la fête de la musique. Ils ont gagné car ils rockent. Et pas qu’un peu : la salle a fini debout à danser avec le groupe, ce qui, de mémoire de spectateurs de l’Alliance française est assez rare quand on a goûté à la douceur boisée des sièges de l’auditorium. En tout cas merci à Then and now, qui a chauffé la salle à blanc pour le concert suivant, le clou du bouquet final de la francophonie Mela 2013 : Lo Griyo.

Lo Griyo

Groupe de musique réunionnais invité en Inde pour le festival de Bonjour India, ils se définissent comme un groupe de transe. Effectivement. Ils commencent gentiment, les structures de leurs meilleurs morceaux sont souvent les mêmes : Sammy Pageaux-Waro démarre avec son instrument fétiche venu du Mali, la Kora, sorte de guitare/harpe qui se joue avec les pouces. Musique calme, reposante qui vient du cœur, autant que le chant africain qui l’accompagne. Ils nous permettent de faire un voyage de la Réunion au Mali pendant leur concert, bonne idée au moment où le pays est plutôt déconseillé aux étrangers.

Mais ce n’est pas tout. Arrive Luc Joly qui ne vient pas tout seul: mélodica, saxophone, percussions, flute traversière, clarinette contre-alto, double saxophone, bouteille de bière remplie d’eau faisant office de flûte, pairs de tongs, serviettes de plage, beignets vanille chocolat fraise coco, réductions au rayon boucherie, des prix des prix des prix… Tout cela fait entrer le jazz dans la musique organique de Samy Waro et lui donne un côté aérien, virevoltant, sauvagement libre. Samy reprend de plus belle aux percussions, la  musique cristalline. Le groupe à une pléthore de pédales aux pieds. Elles leur permettent de sampler les sons qu’ils déploient sur scène : ils jouent une mélodie au saxophone ou à la voix, l’enregistrent, la font tourner en boucle, changent d’instrument et reprennent encore une autre mélodie par-dessus. Tout cela donne une épaisseur phénoménale à l’ensemble, une surimposition de sons totalement différents mais pourtant harmonieux.

Arrive Brice Noroy au clavier. Cette harmonie, on la lui doit. C’est lui qui donne sa cohérence au groupe, en mâtinant les influences jazz et le côté musique organique d’une électro subtile mais bien présente. C’est lui qui lui donne toute sa singularité, toute sa profondeur, son foisonnement, qui donne cette sensation de transe moderne : quand il entre en scène, la musique prend encore une toute autre dimension, bien plus sombre, bien plus lourde, bien plus viscérale et infernale, délirante, psychédélique. La batterie va à mille à l’heure, le clavier sombre dans nos entrailles, le saxophone se sature, Samy transpire, la musique monte, bouillonne… Puis le silence, la douce mélodie des Anciens reprend doucement, calmement et une nouvelle boucle commence pour célébrer cette francophonie 2013.

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Rédaction

Directeur de publication : Délégation Générale de la Fondation Alliance Française en Inde et au Népal

Rédacteur en chef : Laurent Elisio Bordier

Rédacteur/Coordinateur national : Siddharth Bhatt

Rédacteurs, contributeurs : Guillaume, Abhirami, Alexandre, Chintan, Cléa, David, Eleonore, Elie, Kanika, Karine, Nita, Thomas, Malvika, Marie-Joëlle, Meera, Mayuri, Mitushi, Alice, Prutha, Romain, Ritika, Manas, Supriya ...