Fictions numériques

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Festival of France

Dans le cadre du festival Bonjour India, le couple créateur N+N Corsino présente une oeuvre  innovante à la croisée de la danse contemporaine, de la création numérique et du roman graphique. Entretien avec ce couple d’artistes marseillais hors-normes…

Comment vous définissez-vous : artistes visuels, chorégraphes ou encore autre chose…. ?
Nous sommes chorégraphes et chercheurs, c’est ce qui motive nos choix artistiques et la conception de nos œuvres. Nous aimons expérimenter des espaces de représentation pour la danse et l’étude des corps en mouvement autres que ceux proposés par la scène théâtrale. La chorégraphie s’appuie sur le corps des danseurs, mais aussi sur l’architecture, les paysages et la scénographie des lieux où l’action se situe. Les recherches et collaborations entreprises par exemple avec des laboratoires comme l’Ircam ((Institut de Recherche et Coordination Acoustique/Musique) et l’Inria (Institut national de recherche en informatique et en automatique) nous amènent vers des territoires inconnus que révèle l’innovation numérique, mais c’est toujours une démarche poétique qui nous guide.

N+N Corsino - Bangalore fictions

N+N Corsino - Bangalore fictions

Quelle a été l’origine et la genèse du projet Bangalore Fictions ?
Les trajectoires de nos projets trouvent souvent leurs origines dans la littérature, les processus littéraires et les atlas. Nous rêvions depuis quelque temps de réaliser un projet franco-indien fondé sur le partage d’une aventure  artistique et technologique. Le choix de partir d’un roman graphique est venu naturellement. Un roman graphique interactif où texte, danse, calligraphie et musique pourraient être présentés en deux dispositifs scéniques : l’un sur des grands écrans en installation, l’autre sur tablette numérique iPad. Au cours de nos missions nous avons rencontré Anjum Hasan, écrivaine, à Bangalore. Nous avons été accueillis en résidence au Darpana Center for Performing Arts à Ahmedabad, et nous avons commencé les répétitions avec les danseurs Pooja Purohit et Revanta Sarabhai. Amit Kharsani, calligraphe, professeur au National Institut of Design et Tudu, graphiste, ont rejoint le projet, ainsi que les musiciens associés au Centre. Puis les traducteurs en Hindi, Kannada, Gujarati et Français.

Comment s’est déroulée avec la collaboration avec Anjum Hasan. Quelle influence a-t-elle eu sur votre travail?
Nous avons échangé avec Anjum nos façons de travailler et de percevoir le monde. Nous avons lu ses textes, romans et poèmes, et lui avons proposé d’écrire 12 nouvelles  (Bangalore Diaries)  qui deviendraient le motif et le prétexte à l’imaginaire de la danse et de la calligraphie. Ces histoires courtes, instantanés de la vie quotidienne à Bangalore, sont mises en perspective avec un questionnement poétique du monde. Cette distance donnée entre le  proche et le lointain nous a permis de jouer entre lignes de force et références intimistes. Le scénario chorégraphique et le storyboard des images ont pris corps ainsi.

Comment définissez-vous l’interaction avec le public pour ce projet ?
Le public peut interagir avec certains des dispositifs dans l’installation et pleinement avec les tablettes numériques mises à disposition. Il peut naviguer dans chacune des histoires grâce à la lecture interactive tantôt des images et des sons, tantôt des séquences chorégraphiques et des signes calligraphiques. Un dialogue s’établit par touches successives qu’on peut définir comme des modifications environnementales, plus proches du jardinage ou de la culture des fleurs que de la pratique de jeux vidéo. Un développement logiciel inédit a été mis en œuvre par Samuel Toulouse pour cette réalisation.

N+N Corsino - Bangalore fictions

N+N Corsino - Bangalore fictions

Avez-vous pu intégrer des éléments de culture indienne dans votre travail ?
Dans Bangalore Fictions, la culture indienne est présente par la qualité même des artistes engagés sur le projet. La préparation et la réalisation sont franco-indiennes, mais la création présentée est avant tout une œuvre artistique. Nous avons plutôt cherché à mettre en exergue chacun des éléments constitutifs au travers d’une mise en scène et d’une scénographie interactives. L’écriture en a été complexe, mais sa lecture reste ouverte à l’interprétation, dans une relation directe avec le public.

 Quelle réponse avez-vous reçu de la part du public de New Delhi ?
Le public de la New Gallery of Modern Art (NGMA) à New Delhi a été sensible à l’aspect novateur de la proposition artistique. Nous sommes restés présents dans l’installation pour assurer une médiation et nous avons souvent entendu les spectateurs exprimer que c’était la première fois qu’un tel type de création interactive croisant plusieurs champs artistiques, était montrée en Inde. D’autant qu’en avril 2013, Bangalore Fictions sera disponible mondialement sur tablette iPad. Nous tenions à en faire la primeur aux Indiens, là où elle a été conçue,  grâce au festival Bonjour India.

Dans ce même cadre, Bangalore Fictions est présentée du 18 au 22 mars à la SKE Gallery, à Bangalore.
Site des N+N Corsino : http://www.nncorsino.com

 

 

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Rédaction

Directeur de publication : Délégation Générale de la Fondation Alliance Française en Inde et au Népal

Rédacteur en chef : Laurent Elisio Bordier

Rédacteur/Coordinateur national : Siddharth Bhatt

Rédacteurs, contributeurs : Guillaume, Abhirami, Alexandre, Chintan, Cléa, David, Eleonore, Elie, Kanika, Karine, Nita, Thomas, Malvika, Marie-Joëlle, Meera, Mayuri, Mitushi, Alice, Prutha, Romain, Ritika, Manas, Supriya ...