La femme qui dansait sur les murs

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Le 16 avril 2014, l’Alliance Française de Madras accueillait Cette Immense Intimité, troisième et dernière performance du festival DanSe DialogueS 2014. Le public s’était vu promettre un spectacle empreint de beauté aérienne et de poésie acrobatique et il n’a pas été déçu ! 

Cette Immense Intimité - AF Madras © Lemuria Pictures

Cette Immense Intimité - AF Madras © Lemuria Pictures

Olivia Cubero, la danseuse, et Fabrice Guillot, le co-créateur du spectacle et l’ingénieur son et lumière de ce spectacle, de la Compagnie Retouramont, ont enchanté la foule d’enfants — petits et grands — venue pour admirer l’artiste longiligne défier la gravité avec élégance grâce à plus de trente kilos de cordage et des tonnes d’habileté. D’abord lente, presque lascive, la chorégraphie s’anime peu à peu, tout comme la surface du mur sur laquelle Fabrice Guillot projette tantôt des formes abstraites tantôt l’image même de la danseuse qu’il déforme alors grâce à la méta-mallette — logiciel développé par PUCE MUSE —, créant ainsi une chorégraphie non pas secondaire mais complémentaire, indissociable de celle exécutée avec brio par Olivia Cubero. La tête en bas, la dame-araignée attend que l’image vienne l’éveiller en lui caressant le visage. Puis, avec une vigueur surprenante pour son gabarit, elle s’arrache à sa torpeur et se met en mouvement à l’aide de trois cordes à nœuds. Elle tisse ainsi sa toile et nous captive par l’apparente facilité avec laquelle elle s’approprie ce mur haut de 20 mètres.

Outre son aspect spectaculaire et novateur, Cette Immense Intimité fascine car on en vient à questionner la relation entre l’art — concept fondamentalement humain — et la technologie que l’on accuse parfois de supprimer toute émotion dans les relations interpersonnelles. Pourtant, loin de déshumaniser la performance d’Olivia Cubero, la méta-mallette offre au contraire de nouvelles clés de lecture et contribue très largement au rendu final. Art et technologie ne font qu’un. Littéralement.

Ce soir-là, la foule est subjuguée. Tant et si bien que lorsqu’arrive la fin, les seuls commentaires négatifs que l’on peut entendre dans l’audience concernent la durée du spectacle, jugée trop courte (25 petites minutes). Et Vaishna Roy (The Hindu) de préciser : « Ceci étant dit, ces 25 minutes furent une expérience fabuleuse ». En nous présentant Cette Immense Intimité, Olivia Cubero et Fabrice Guillot ont clos l’épisode tamoul du festival DanSe DialogueS 2014 en beauté, laissant certes quelques spectateurs sur leur faim mais aiguisant d’autant plus les appétits pour la prochaine édition du festival indo-français de danse contemporaine.

Mehdi Prévôt, Alliance Française de Madras

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Rédaction

Directeur de publication : Délégation Générale de la Fondation Alliance Française en Inde et au Népal

Rédacteur en chef : Laurent Elisio Bordier

Rédacteur/Coordinateur national : Siddharth Bhatt

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