Musique pour tous à Calcutta

Tweet about this on TwitterShare on LinkedInShare on FacebookShare on TumblrShare on Google+Pin on Pinterest

Cette année 2014, le solstice d’été a rimé avec l’arrivée de la mousson : la fête de la musique a permis de célébrer cet événement météo tant attendu par les Calcuttans.

Fête de la Musique logo (AF du Bengale)

Fête de la Musique logo (AF du Bengale)

L’esprit de cet événement a définitivement conquis la ville : si l’Alliance française a coordonné plus de vingt ateliers thématiques et plus de cinquante concerts, d’autres partenaires ont cette année fait résonner la musique dans des quartiers périphériques de plus en plus éloignés du centre. La journée a débuté tôt le matin par une cérémonie : au côté du Pandit Debashish Bhattacharya, l’Alliance française du Bangale a tenu à commémorer deux maîtres de la Musique classique indienne, Baba Ustad Allauddin Khan, guru notamment du pandit Ravi Shankar et Acharya Jnan Prakash Ghosh, guru des pandits Anindyo Chatterjee et Shankar Ghosh.
L’alliance française avait décidé pour cette édition  de cibler un public généralement peu exposé à la musique live ; c’est ainsi qu’en partenariat avec huit ONGs locales, l’Alliance a invité près de 150 garçons et filles, handicapés mentaux ou physiques, orphelins, victime du trafic sexuel ou enfants des rues à participer à des ateliers musicaux organisés par la Calcutta School of Music, l’Academy for Musical Excellence et Banglanatakdotcom. Encadrés par des musiciens professionnels, les enfants ont passé quelques heures à apprendre des accords basiques avant de chanter ou d’accompagner avec des percussions, des cordes, voire un piano pour certains, des chansons du folklore bengali.
L’intérêt de ces rencontres est double. S’il s’agit dans un premier temps d’offrir aux enfants une ouverture sur un monde culturel peu accessible pour la plupart d’entre eux, il s’est révélé également très intéressant et formateur pour des musiciens professionnels, souvent jeunes, de se confronter à un public que la majorité d’entre eux n’a jamais l’occasion de côtoyer. Au-delà de cette journée de la Fête de la Musique, l’Alliance française s’associera à plusieurs de ces ONGs pour pérenniser cette expérience.
L’après-midi, l’Alliance et d’autres partenaires ont organisé plus de 100 mini-concerts au cours desquels plus 300 musiciens se sont produits dans plus de 10 lieux : centres culturels, restaurants, cafés, centres commerciaux, cinémas, librairies, … Des groupes créés l’an dernier à l’occasion de la fête de la musique ont pu démontré leur progrès et leur ambition ; des musiciens classiques, souvent de renommée internationale, ont généreusement offert des extraits de leur répertoire ; aux côtés d’artistes bengalis, des musiciens iraniens, sri lankais, bangladais, népalais ont fait résonner leur langue et mélodie respectives devant un public curieux, et comblé. Le soir, la musique a continué à rythmer la ville. Le Victoria Memorial Hall, lieu historique et emblématique de la ville, a organisé une conférence sur l’évolution de la musique traditionnelle ; l’Indian Council for Cultural Relations, la branche culturelle du Ministère indien des Affaires étrangères, a proposé quant à lui une soirée animée par le musicien de réputation internationale, Vickram Ghosh, autour de Pran Sakha Vivekananda ; la Calcutta School of Music, qui fête le centenaire de sa création par le compositeur français Philippe Sandré, a choisi un programme au cours duquel ont pu dialogué les musiques classiques indienne et française ; Baitanik, un Centre culturel dédié au folklore du Bengale Occidentale a réuni vingt vocalistes pour célébrer leur centième soirée musicale ; Oxford Bookstore, la librairie principale de Calcutta, qui d’ailleurs en septembre prochain ouvrira un French Corner dédié à la production littéraire française, a accueilli une soirée dédiée à la musique Sufi ; quant à l’Alliance française, elle s’est associée à l’un des plus ancien club de la ville, le Dalhousie Institute, pour offrir à un public éclectique une série de groupes de  jazz, qui se sont alterné sur la scène pendant quatre heures.

Un des concerts

Un des concerts

Pour la première fois, la Fête de la Musique s’est conclue à Calcutta dans une boite de nuit où un DJ français accompagné de deux musiciens indiens ont mixé une musique électronique inédite, mêlant les standards de la House Music aux inflexions des chansons populaires françaises et indiennes. Le principal quotidien de Calcutta, The Telegraph et la radio Friends FM, la plus écoutée par la tranche d’âge 15-30 ans, se sont associés à part entière à cette journée. Des journalistes sont passés  enregistrer des groupes et interviewer le public, en direct, dans de multiples lieux. Dans le programme du DJ le plus populaire de cette radio, les Délégués généraux de la Fondation Alliance française du Sri Lanka et d’Afrique du Sud ont été appelé pendant l’émission pour présenter le programme musical dans leur pays respectif et pour insister sur le caractère international de cette célébration annuelle. Cependant, Calcutta n’a pas attendu le samedi pour commencer à célébrer la musique : dès le lundi 16, le violoniste français Guillaume Blanc, invité par l’Alliance française, a offert un concert aux enfants malades et aux personnes âgées de la Fondation Living with Dignity. Le lendemain, après un master class en direction de l’Orchestre de Chambre de Calcutta, le musicien français a donné un concert de jazz aux accents électroniques, dans le cadre du Festival YUVA, dédié à la diffusion de la musique en direction des plus défavorisés, aux côtés de stars comme Ushah Uturp. Tous les autres soirs de la semaine, des concerts se sont déroulés sous la bannière officielle de la Fête de la Musique dans les hôtels et clubs de la ville.
Ce que l’on peut retenir de cette édition 2014 est que la Fête de la Musique, appelé ici World Music Day, est devenu, non plus un événement musical organisée par la seule Alliance française du Bengale, mais un rendez-vous annuel que se sont appropriés non seulement les partenaires naturels que sont les centres culturels et les écoles de musique mais également les lieux privés comme les clubs, les hôtels, les librairies, etc. L’enjeu à présent est de convaincre les autorités de la ville et de la province de s’associer à l’Alliance française pour encore mieux coordonner les évènements ponctuels qui vont sans aucun doute continuer à se multiplier dans l’avenir.

Tweet about this on TwitterShare on LinkedInShare on FacebookShare on TumblrShare on Google+Pin on Pinterest

Comments are closed.

Rédaction

Directeur de publication : Délégation Générale de la Fondation Alliance Française en Inde et au Népal

Rédacteur en chef : Laurent Elisio Bordier

Rédacteur/Coordinateur national : Siddharth Bhatt

Rédacteurs, contributeurs : Guillaume, Abhirami, Alexandre, Chintan, Cléa, David, Eleonore, Elie, Kanika, Karine, Nita, Thomas, Malvika, Marie-Joëlle, Meera, Mayuri, Mitushi, Alice, Prutha, Romain, Ritika, Manas, Supriya ...