Les « Bad Boys » de Bollywood

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Le cinéma indien, au cours de ces cent dernières années, a magnifié des reines tragiques, des rois de la comédie, des mariés aux beautés supérieures, des amants parfaits aux talents chorégraphiques  ou encore des mères courage au destin dramatique : voici donc des archétypes de Bollywood. Cette industrie a crée et crée toujours des personnages qui dérobent les cœurs des spectateurs à chaque film.  Mais parmi toutes ces silhouettes, il existe un goût inexplicable du public indien pour les méchants, les mauvais, les iniques, les malicieux, les formidables… bref,  les « Bad Boys » de Bollywood.

Don

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En 2014, dans une future production bollywoodienne, le film BAD retracera la vie du serial-killer français d’origine vietnamo-indienne, Charles Sobhraj, autrement appelé le tueur de touristes. C’est le jeune acteur en vogue, Randeep Hooda, qui interprétera ce tueur qui actuellement purge sa peine de prison à perpétuité au Népal. Ce film confirme une tendance de la fin des années 80 où le cinéma indien a été marqué par le phénomène des films criminels dans lesquels, le bandit ou le gangster est l’essence du film, le héros principal Prenons l’exemple de la série des remakes du film Don  joué successivement par les stars indiennes du box-officé des années 70 à nos jours – nous citons bien sûr, Amitabh Bachan et Shahrukh Khan idoles de toutes les générations –  qui jouèrent ce célèbre chef  de la pègre, insaisissable de la police.

Le triste célèbre Dawood Ibrahim, chef de la pègre, réel “don” toujours ennemi numéro 1 de l’Inde anti-terroriste, a inspiré plusieurs personnages d”autres films à bandits. Dans ces films, la présence des forces de l’ordre ne fait aucune différence pour ces truands, qui continuent à scandaliser le monde. Pourtant, ils intéressent les indiens et rencontrent de grands succès. Dhoom, par exemple, dépeint le musculeux acteur John Abraham, arnaqueur séducteur et intelligent qui berne la police jusqu’à la fin du film. C’est l’escroc qui fascine, qui charme et qui attire le maximum de public.

En parlant de vilains, comment peut-on ne pas évoquer l’acteur Sanjay Dutt,  le « Bad Boy » favori de Bollywood  dont la vie personnelle dépasse les écrans ? Les spectateurs du cinéma indien adorent ses films, souvent brutaux et violents parce qu’ils retrouvent un lien entre sa vie privée et les personnage qu’il incarne. A la fin d’une procédure judiciaire de plus de 20 ans, Sanjay Dutt a en effet été accusé de possession et de recel d’armes qu’il avait acquises de criminels lors de l’année sanglante de 1993 marquée par des émeutes intercommunautaires et des vagues d’explosions . Après multiples audiences et procès et finalement déclaré coupable lors d’une couverture médiatique impressionnante, l’acteur a commencé à purger sa peine de prison de cinq ans. Les nombreuses pétitions et les réactions dramatiques de ses fans n’ont rien changé.

Sanjay Dutt lors de son incarcération[/caption]

Dans son ouvrage  « Bollywood Baddies », l’auteur  Tapan K. Ghosh  explique que le public cible de Bollywood, les citadins des grandes métropoles, tendent à associer l’ampleur du vilain avec celle du héros. En outre, pour une grande partie des personnes qui ont été éduquées et nourries de mythologie indienne, tous les films devraient se terminer par la victoire du héros, et ainsi rétablissent l’ordre et la vérité. Ce qui est vrai, juste et bien- triomphera. En revanche, il ajoute aussi que la jeunesse indienne s’attachent aux  « Bad Boys » d’aujourd’hui, comme des méchants, certes, mais comme des héros libres qui savent défier l’ordre. Ces esprits supérieurs qui rejettent les lois et bafouent les valeurs collectives trouvent le pouvoir d’une manière ou une autre. Est-ce de la part de cette jeunesse, une expression de la révolte contre l’enfance surprotégée et étouffante des familles indiennes toujours autoritaires sur leurs rejetons ? Peut-être.

En conclusion, le comportement de ces vilains est similaire à celui des héros qui selon les interprétations, sont le reflet des influences et des courants sociaux qui agissent dans ce grand pays. Les « Bad Boys » de Bollywood, sont là pour rester.

Article écrit par Friya Gandhi – dans le cadre de l’atelier d’écriture – (AFBombay – David Cordina)

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Directeur de publication : Délégation Générale de la Fondation Alliance Française en Inde et au Népal

Rédacteur en chef : Laurent Elisio Bordier

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