Théâtre Express

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Du 5 au 27 juillet 2014 se déroulait à l’Alliance Française de Madras la 4ème édition du festival de théâtre Short + Sweet, dont l’originalité réside dans son format, les pièces présentées ne devant pas dépasser les 10 minutes.

Inauguré à Sydney en 2002, ce festival de théâtre express a vu son succès grandir d’année en année au point de s’étendre maintenant sur  huit semaines dans la capitale australienne. Katie Lees, jeune australienne ayant fait le déplacement à Madras pour participer à la compétition avoue même que Short + Sweet est plus ou moins un rite de passage pour les acteurs australiens. Mais que peut-on bien raconter en 10 minutes ? Ou plutôt, est-il possible de mettre en scène une histoire cohérente en si peu de temps ? Cette année encore, les participants, qu’ils soient dramaturges, acteurs ou metteurs en scène, ont répondu sans ambiguïté à cette question : oui, c’est possible. Certaines pièces ont même donné l’impression que c’était chose facile ! Pour la 4ème édition du festival à Chennai, quelques 50 pièces avaient été sélectionnées par un jury de professionnels.

A Typist with Destiny

Car il s’agit d’une compétition, ne l’oublions pas. Le premier weekend du festival voit s’affronter les Wild Cards (une vingtaine de pièces cette année), c’est-à-dire des productions mises sur pied par des metteurs en scène débutants. Puis vient le Top 30 (ou Top 80 dans le cas du chapitre Sydney), à savoir 30 productions qui entrent en lice pendant trois semaines à raison de 10 productions par semaine. Tous espèrent atteindre la prestigieuse finale qui clôture le mois de performances, mais seules 13 pièces au total seront retenues par le jury et le public. Malgré tout, l’ambiance reste bon enfant. Les acteurs confessent que c’est l’occasion d’observer la concurrence, mais surtout une chance de rencontrer de futurs collègues potentiels et des artistes souvent très talentueux. Pas de coups tordus, pas de rivalités ou de jalousie mal placées. Le stress des compétitions est bien au rendez-vous, mais en fin de compte, ce n’est que du bonheur. En effet, rares sont les opportunités pour ces acteurs de jouer à guichets fermés plusieurs soirées d’affilée tout en testant de nouvelles choses afin de raffiner leur pièce. Parmi les participants, il y a des membres d’une seule et même troupe, et puis il y a ceux qui se sont rencontrés par le biais des auditions organisées environ un mois avant le début du festival. Généralement de très belles rencontres, affirme-t-on.

Repris un peu partout dans le monde, le format Short + Sweet s’impose peu à peu comme une forme légitime de dramaturgie. Beaucoup à Chennai considèrent même que ce concept, qui est au théâtre ce que la nouvelle est au roman, donne un nouveau souffle à un art qui, dans la région du Tamil Nadu, peine encore à concurrencer le théâtre tamoul et le cinéma kollywoodien. Les acteurs ont remarqué que leur participation à ce festival annuel les a fait connaître et a augmenté leurs audiences. Lorsqu’on leur demande ce qui fait la force de Short + Sweet, ils répondent souvent l’éclectisme des œuvres présentées. Et pour cause, le public a pu voir par exemple des pièces inspirées du slapstick tamoul, de la mythologie indienne ou encore des contes de Perrault et d’Andersen. Il a pu écouter des monologues passionnés, regarder avec intérêt une très belle production qui n’avait aucune réplique et même une pièce où chaque réplique ne faisait qu’un seul mot.

Dans A Typist with Destiny, couronnée meilleure production de la 4ème édition, l’auteur a imaginé avec beaucoup d’humour et d’intelligence ce qui aurait pu arriver si, dans les minutes précédant l’intervention médiatique de Jawaharlal Nehru à l’occasion de l’indépendance de l’Inde, un assistant avait renversé son café sur l’unique copie de Tryst with Destiny,discours désormais célèbre du premier Premier Ministre du pays. Le jeu des acteurs était si brillant que même les spectateurs qui ne comprenaient pas le Tamoul se prenaient à rire tout au long de la pièce. C’est aussi ça, la magie de ce festival qui, dans le cas du chapitre Chennai, mélange les langues et les influences pour donner des résultats d’une richesse souvent exceptionnelle.

Alors oui, 10 minutes suffisent pour mettre en scène une œuvre riche et cohérente, et non, le public ne se compose pas seulement des amis et de la famille de ceux qui brillent sur scène. L’Alliance Française de Madras est fière de soutenir le festival Short + Sweet depuis qu’il est arrivé à Chennai en 2010. Il fait désormais partie des événements les plus attendus de l’année et mérite très largement cet intérêt grandissant !

Mehdi Prévôt, Alliance Française de Madras

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Directeur de publication : Délégation Générale de la Fondation Alliance Française en Inde et au Népal

Rédacteur en chef : Laurent Elisio Bordier

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