Soazic Guezennec : Vivre l’art à Mumbai

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Soazic Guezennec

Soazic Guezennec, artiste française installée à Mumbai, nous parle de cette ville qui l’inspire à lier l’homme avec la nature.

«Malgré le fait que je vis depuisplusieurs années à Mumbai, je continue toujours de découvrir cette ville et ses vastes contrastes», dit Soazic Guezennec, artiste française qui a vécu dans plusieurs quartiers de la ville. Venir vivre en Inde était un merveilleux hasard pour elle et sa famille. Elle et son mari aiment beaucoup voyager et sont partis en aventure traverser toute l’Afrique pendant un an. Ils ont fait de nombreux séjours dans le monde entier et le projet de venir en Inde s’est construit en très peu de temps quand un poste intéressant dans la Milk Dairy à Mumbai s’est présenté. Ils sont venus s’y installer avec leur fils qui hérite de Soazic la passion pour le dessin.

Parcourir l’art jusqu’à Mumbai…
«C’est dans la famille! Ma mère dessinait, ma grand-mère dessinait, et sa mère aussi… C’est seulement moi qui ai pris ce loisir plus sérieusement et l’ai développé professionnellement», partage-t-elle en jouant avec son collier en pierres noires et blanches. Avant sa formation aux Beaux-Arts de Paris il y a 20 ans, elle a suivi des cours de commerce parce qu’à l’époque, elle voulait travailler dans le marché de l’art mais elle s’est très vite rendue compte qu’elle ne pouvait pas gérer les artistes, qu’elle était artiste elle-même. A la sortie des Beaux-Arts, Soazic a exposé en Europe, à Chelsea Art Gallery à New York, à l’Université des Femmes de Séoul en Corée et au Japon.
Elle vient de participer à une exposition collective à Delhi avec d’autres artistes contemporains indiens. «De nos jours, les expressions artistiques se ressemblent beaucoup, peu importe l’origine de l’artiste. L’art contemporain européen, africain, américain et indien ont tous beaucoup en commun. L’art contemporain en Inde reste toutefois un peu jeune, moins exposé et encore moins diffusé», elle choisit ses mots et continue, «il y a beaucoup moins d’échanges entre la communauté artistique en Inde qu’en Europe. Ici, les artistes sont amis mais fréquentent rarement ou presque jamais les studios des uns et des autres. Ils ne sont pas très réceptifs des critiques et préfèrent être discrets et peuvent passer des journées dans leurs studios. Contrairement à ça, j’ai besoin de me mettre en danger, de me lancer dans une expérience aventureuse et de me mettre en contact avec le monde extérieur» dit-elle avec beaucoup de passion.

Arbre Immeuble

Mumbai : l’utopie, l’Homme et la nature !
Soazic travaille depuis une dizaine d’années sur l’homme et la nature. Elle se souvient bien d’un voyage dans les forêts d’Amazonie où elle remontait un fleuve en pirogue quand elle s’est sentie complètement «absorbée» par la nature, comme si deux murs végétaux émergeaient et agrandissaient sur les deux côtés du fleuve et elle n’était qu’un objet «comestible». Elle a tout de suite voulu travailler sur ce sentiment, sur la fragilité et la force de la nature en se positionnant par rapport à la nature.

Au début, elle s’est lancée dans une série de forêts rouges : rouge, parce que c’est la couleur de violence mais aussi parce que cette violence dénote la faiblesse et la vulnérabilité et indique le besoin du vert. A Mumbai, elle aime la tension entre l’homme et la nature. «A Mumbai, je vois les arbres pousser dans les murs, la moisissure et les tâches sur les bâtiments dues au soleil et à la pluie.» Elle explique que «la nature nous envahit comme nous l’avons envahie». Mumbai est une ville de plus de 20 millions d’habitants mais il n’y pas de coupure avec la nature comme cela s’est produit dans d’autres métropoles. Elle est très surprise sans l’être vraiment quand elle lit dans les journaux qu’un homme s’est fait dévoré par un crocodile du Powai ou par ce léopard rentré dans la maison d’une célèbre actrice de Bollywood. A la fois émue et surprise, Soazic prend son inspiration de la tension entre l’Homme et la nature à Mumbai

Actuellement, Soazic prépare un grand projet sur «l’utopie» qui s’installera sur des panneaux publicitaires dans les rues d’Ahmedabad pour un projet cofinancé par l’Alliance Française d’Ahmedabad.

 

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Rédaction

Directeur de publication : Délégation Générale de la Fondation Alliance Française en Inde et au Népal

Rédacteur en chef : Laurent Elisio Bordier

Rédacteur/Coordinateur national : Siddharth Bhatt

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