Cordis Paldano, un envol vers la France

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Lorsque Cordis Paldano joue, c’est son expression scénique et son aisance qui transparaissent avant tout. Ce jeune talent est aujourd’hui encouragé par une bourse du gouvernement français, offerte par l’Ambassade de France. A partir d’octobre 2013, Cordis poursuivra donc une formation au Conservatoire National Supérieur d’Arts Dramatiques de Paris pour un an. Portrait et rencontre.

Cordis dans la Nuit

Cordis Paldano dans la Nuit

C’est à l’Alliance Française of Madras, il y a sept ans, que Cordis Paldano a pris goût au théâtre lorsqu’il participait à des ateliers organisés par un des professeurs de français (Priyamvada N.P.). Cet amoureux de la langue française y a également fait ses premiers pas sur les planches et c’est sur cette même scène qu’il a joué La Nuit, une des œuvres de Koumaran Vallavane, directeur d’Indianostrum, Théâtre de Pondichéry. En octobre, il prend son envol pour la France et le conservatoire de Paris.
Cordis Paldano a déjà une bonne expérience théâtrale. Il a joué avec de nombreux directeurs de théâtre et dans plus de vingt pièces et notamment avec l’association, Clowns sans Frontières. En finançant également une partie de son projet, l’Alliance Française of Madras est très fière de voir l’un de ses anciens étudiants se lancer dans cette belle aventure.

Qu’est-ce qui vous plait dans le théâtre ?
J’ai commencé le théâtre en 2007 dans le cadre d’un atelier théâtre proposé par l’Alliance Française. On jouait Molière et le personnage m’a tout de suite attiré et encore plus son personnage de Tartuffe. Les Fourberies de Scapin, que j’ai jouées par la suite, ont aussi été très importantes pour moi. Maintenant ce qui me plaît dans le théâtre, c’est qu’en l’espace d’une heure on peut voir le monde à travers les yeux de quelqu’un d’autre.

Que représente pour vous ce départ en France ?
C’est avant tout l’excitation de partir à Paris. La dernière fois que je suis allée en France j’étais assistant d’anglais dans une petite ville : Laval et le weekend on allait à Paris se faire des sessions de théâtre. Pour moi c’est une ville mythique chargée d’histoire. Je n’imaginais pas y aller pour faire des études.

Que pourra vous apporter cette formation au Conservatoire d’arts dramatiques de Paris ?
Faire du théâtre en Inde c’est très compliqué. En tamoul, il n’y qu’un seul mot pour désigner le théâtre et les séries télévisées. Ici, peu de monde sait ce qu’est le théâtre. Ils ne le comprennent pas. C’est très frustrant.
Cette année je n’ai aucune attente. Je sais que je vais être avec les acteurs très doués et avoir de grands professeurs. Et c’est déjà suffisant. Mais j’espère bien découvrir et approfondir mon rapport avec le théâtre.

Cordis Paldano

Cordis Paldano

Pourquoi avez-vous choisi La Nuit comme dernière pièce à présenter à l’Alliance Française of Madras ?
Ce sont des histoires qui me touchent beaucoup. Ce sont des gens qui sont morts pour avoir rêvé d’un monde meilleur ; que ce soit ce jeune Afghan qui rêve d’une amélioration économique ou cette femme dans le camp qui rêve d’un monde de beauté. Ils ne sont pas contents de leur sort et ils osent rêver. C’est beau de rêver car même si on sait que la mort est inhérente à la vie humaine, le rêve apporte de la beauté, il crée une réalité meilleure parce qu’on y croit. Il faut célébrer le rêve, sinon on moura dans l’indifférence. L’indifférence est comme mourir avant la mort.

Est-ce un défi pour vous de jouer en français ? pourquoi avoir décidé de mélanger les langues dans cette pièce ?
Bien sûr c’est plus facile de jouer en tamoul ou en anglais car je maîtrise mieux ces langues mais j’aime la musicalité de la langue française c’est d’ailleurs pour ça que je me suis inscrit à l’Alliance Française. Lorsque je joue un texte en français, je le chante, je rentre dans une mélodie donc voir et comprendre le texte tel qu’il est vraiment c’est un défi pour moi. Par contre mêler les langues dans une seule pièce c’est plus naturel. Tous les jours je parle au moins trois langues : c’est le propre de l’Inde. Sur scène ça vient donc assez naturellement.

Quels sont les personnes qui vous inspirent ?
Kumaran Vallavane, directeur du Indianostrum Théâtre de Pondichéry, m’a beaucoup inspiré. C’est un très bon metteur en scène et un être très spirituel. J’ai beaucoup appris en travaillant avec lui et il m’a inspiré dans le théâtre. J’aime beaucoup Molière aussi. Lorsqu’il parle des mariages forcés, des hypocrites, des bourgeois gentilhommes, c’est très facile de l’adapter en Inde.

Que vous a apporté l’Alliance Française of Madras ?
Je suis arrivé à Chennai en 2006. Mes parents voulaient que je devienne ingénieur mais ça ne m’a pas plu et j’ai très rapidement abandonné l’université. Je me suis inscrit à l’Alliance Française et au Goethe Institut. Je voulais apprendre des langues étrangères. Pour moi le français c’était de la musique douce. J’ai commencé le niveau 1 et je suis arrivé jusqu’au dernier niveau. J’étais passionné. Je ne regardais que des films en français, ne lisais que des livres en français. C’était 20 mois de passion absolue dont j’ai la nostalgie maintenant.

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Rédaction

Directeur de publication : Délégation Générale de la Fondation Alliance Française en Inde et au Népal

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