Violon magique

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La pop star israélienne Michael Greilsammer a semé un vent de reggae samedi soir au Lodi Restaurant, qui a accepté d’offrir sa magnifique terrasse comme cadre à ce concert, en association avec le Sewara Hospitality Groupe et L’ambassade d’Israël. Ses musiques alliant folk, rock, reggae et musique tsigane dans des arrangements pop ont fait s’agglutiner la foule au premier rang, pour un concert dense et riche en influences hétérogènes. Un seul instrument pour toutes les faire plier : le violon, roi des instruments. L’archer ne s’en est pas remis.

Autant le dire tout de suite, Michael Greilsammer n’a pas peur du grand écart. En tant qu’isralo-franco-violonisto-reggaeman-rock-star-à-lunette, peu lui importe le risque de la déchirure musculaire, il sait qu’il tient dans son violon la colonne vertébrale de sa musique. On aura rarement convoqué autant d’influences différentes dans un seul concert. Et cela commence dès la composition du groupe : basse, guitare, batterie, le combo idéal pour vos soirées rock. Cela se complique avec l’arrivée d’un clavier, n’hésitant pas à flirter parfois avec le charme suranné des années 80 (qui est encore plus à la mode aujourd’hui qu’à l’époque) pour appuyer les sonorités pop de sa musique. Va pour le clavier. Mais à ce moment là, on commence à se demander comment il réussira à intégrer son violon au milieu de tout cela ? Sauf que ce n’est pas le violon qui intègre, c’est lui qui invite. Et autant dire qu’il sait recevoir, petits fours canapés et service en argent, tous les convives tournent autour de lui et leurs regards ne font que magnifier la maestria de l’ex-jeune prodige de l’archer. Il n’y a qu’à voir l’attention du guitariste aux gestes de Michael pour comprendre que même dans une formation rock, la guitare, ce soir, joue les majordomes.

Michael Greilsammer

 Le grand écart se poursuit  dans le set proposé par Michael Greilsammer, manifeste de son hétérogénéité. Preuve de sa connaissance de la scène, il a donné à boire et à manger aux convives attablés à quelques mètres de lui, allant jusqu’au bain de foule pour faire bouger le restaurant. L’expression n’a rien de méprisante, au contraire, elle souligne la parfaite maîtrise du groupe, qui sait qu’il ne joue pas en terrain conquis, spécialement dans un lieu pas franchement dédié à un concert rock: tables chaises et ciel ouvert. Une lucidité qui paie, une adaptabilité salutaire. On passe donc des classiques du reggae avec Bob Marley et son sublimissime « Iron Lion Zion » à Desireless et le kitsch de « Voyage Voyage », en passant par un rappel génial sur la Louise attaque et son tube « Jt’emmène au vent », qui est devenu, qu’on se le dise, un classique de la musique française. C’est là la marque de son passage en France, et il semble totalement logique que la Louise attaque l’ait touché, les deux groupes partageant le même amour de la musique tsigane et de ses violons frénétiques, son urgence, sa mélancolie.

Cela n’empêche pas Michael d’aller puiser aussi dans les sonorités pop rock pour arrondir le foisonnement de ses influences lors de ses compositions originales, et tout simplement pour faire se bouger les gens face à lui. Car le Michael Greilsammer’s band est à l’évidence un groupe de scène, cela se voit dans l’adaptabilité de leur set, ainsi que dans l’énergie déployée pour chauffer l’assistance. C’est là tout le génie de la musique pop, savoir digérer des influences diverses dans un tout cohérent et communicatif, c’est aussi là la marque des grands groupes que d’arriver à faire danser, peu importe l’assistance, que ce soient des fans ou des novices, des jeunes ou des plus vieux, même loin de leurs terres et de leur public de prédilection. Tour de force absolu pour un concert assis : la foule a fini en cris à quelques centimètres d’un des rares violonistes à dreadlocks de la civilisation occidentale, et l’on remercie les jeunes étudiantes de l’école de journalisme pour ces moments d’hystérie communicative ! Seul bémol à cette soirée : à cette heure-ci le diagnostique vital de l’archet est engagé, la famille a porté plainte.

Vous pouvez écouter ses compositions sur http://www.myspace.com/mgsunshine !


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